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DPE en F ou G : que faire concrètement avant l'interdiction de location 2028 ?

Par Marie-Hélène Bauer·25 mai 2026·15 min de lecture
DPE en F ou G : que faire concrètement avant l'interdiction de location 2028 ?
📌 En bref

Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, et les logements F le seront au 1er janvier 2028, en vertu de la loi Climat et Résilience. En France, 3,9 millions de logements (12,7 % du parc) sont concernés par ces interdictions progressives. Pour éviter les sanctions, les propriétaires doivent réaliser des travaux de rénovation énergétique en mobilisant les aides disponibles (MaPrimeRénov', éco-PTZ, CEE) avant l'échéance.

Le compte à rebours est lancé pour des millions de propriétaires bailleurs français. Avec l'interdiction de location des logements classés F au DPE F ou G interdiction location 2028, chaque mois d'inaction réduit la marge de manœuvre disponible pour rénover, vendre ou repositionner un bien immobilier. Voici ce que vous devez faire concrètement, étape par étape.

DPE F ou G : comprendre l'ampleur du problème et le calendrier réglementaire

En France, 3,9 millions de logements — soit 12,7 % du parc de résidences principales — sont classés F ou G au DPE. Les logements G sont déjà interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Les logements F suivront le 1er janvier 2028, puis les E en 2034. Agir avant ces échéances est impératif pour tout propriétaire bailleur.

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a instauré un calendrier progressif d'exclusion des passoires thermiques du marché locatif. Sur les 30,9 millions de résidences principales recensées au 1er janvier 2026, les logements concernés par le DPE F ou G interdiction location 2028 représentent une part significative du parc locatif privé. Le gel des loyers des logements F et G est entré en vigueur dès le 24 août 2022, bien avant les premières interdictions de location.

⚠️ Attention

Le calendrier d'interdiction est décalé pour les territoires d'Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) : les logements G y seront interdits à la location en 2028 et les logements F en 2031. Le gel des loyers y a été étendu depuis le 1er juillet 2024.

Classe DPE Consommation (énergie primaire) Statut locatif en 2026 Échéance interdiction
A < 70 kWh/m²/an Libre Aucune
B 70–110 kWh/m²/an Libre Aucune
C 110–180 kWh/m²/an Libre Aucune
D 180–250 kWh/m²/an Libre Aucune
E 250–330 kWh/m²/an Libre (loyer révisable) 2034
F 330–420 kWh/m²/an Loyer gelé depuis 2022 1er janvier 2028
G > 420 kWh/m²/an Interdit depuis 2025 Déjà interdit
G+ > 450 kWh/m²/an (énergie finale) Interdit depuis 2023 Déjà interdit

Pourquoi l'inaction face à un DPE F ou G est une erreur stratégique

Ne rien faire expose le propriétaire bailleur à des risques juridiques et financiers croissants : impossibilité de signer ou renouveler un bail, gel définitif des loyers, recours du locataire en justice, réduction ou suspension du loyer par le juge, et dépréciation progressive du bien immobilier sur le marché.

Propriétaire bailleur préoccupé examinant des documents de location et des factures énergétiques face aux risques juridiques du DPE F ou G
Propriétaire bailleur préoccupé examinant des documents de location et des factures énergétiques face aux risques juridiques du DPE F ou G

Le gel des loyers en vigueur depuis août 2022 prive déjà les propriétaires de logements F ou G de toute revalorisation selon l'IRL. Sans travaux, ce manque à gagner s'accumule année après année, tandis que les charges d'entretien, elles, continuent d'augmenter. Le DPE F ou G interdiction location 2028 transforme un problème de rentabilité en risque d'impossibilité totale d'exploitation du bien.

✅ Avantages de la rénovation
  • ✅ Maintien de la capacité locative après 2028
  • ✅ Déblocage de la revalorisation des loyers selon l'IRL
  • ✅ Valorisation du patrimoine grâce à la « valeur verte »
  • ✅ Réduction des factures énergétiques des locataires
  • ✅ Protection contre les recours judiciaires des locataires
  • ✅ Anticipation de l'interdiction des logements E en 2034
❌ Risques de l'inaction
  • ❌ Interdiction légale de signer ou renouveler un bail
  • ❌ Gel définitif des loyers sans possibilité de révision
  • ❌ Recours du locataire pour contraindre aux travaux
  • ❌ Réduction ou suspension du loyer par décision judiciaire
  • ❌ Amende jusqu'à 5 000 € pour location en meublé de tourisme
  • ❌ Dépréciation du bien à la revente

Le secteur du bâtiment représente 45 % de la consommation d'énergie finale et 27 % des émissions nationales de CO₂ selon le Ministère de la Transition Écologique. Derrière ces chiffres se trouvent 3,8 millions de ménages en difficulté pour payer leurs factures de chauffage — une réalité sociale qui renforce la légitimité des contraintes imposées aux propriétaires de passoires thermiques.

Les travaux prioritaires pour sortir un logement de la classe F ou G au DPE

Pour améliorer un DPE classé F ou G, trois postes de travaux sont prioritaires : l'isolation thermique (toiture, murs, planchers), le remplacement du système de chauffage par une solution performante (pompe à chaleur, chaudière à condensation), et l'amélioration des menuiseries (double ou triple vitrage). Une rénovation globale coûte en moyenne 40 000 €.

Ouvriers posant des panneaux d'isolation thermique par l'extérieur sur une maison, travaux de rénovation énergétique pour améliorer le DPE
Ouvriers posant des panneaux d'isolation thermique par l'extérieur sur une maison, travaux de rénovation énergétique pour améliorer le DPE

L'objectif minimal à atteindre pour échapper à l'interdiction de location DPE F ou G 2028 est la classe E (consommation entre 250 et 330 kWh/m²/an). Viser la classe D ou C dès maintenant permet d'anticiper l'interdiction des logements E prévue en 2034 et d'éviter un nouveau chantier dans moins de dix ans. Un audit énergétique préalable — obligatoire avant vente pour les logements F ou G hors copropriété depuis le 1er avril 2023 — vous permet d'identifier les travaux les plus efficaces selon votre configuration.

  • Isolation complète (murs, toiture, planchers) : comptez entre 15 000 et 25 000 € pour un logement standard. C'est le poste qui génère les gains énergétiques les plus importants dans la majorité des passoires thermiques.
  • Remplacement des menuiseries (double ou triple vitrage) : le budget varie de 8 000 à 15 000 € selon le nombre d'ouvertures et le type de vitrage choisi.
  • Remplacement du système de chauffage : une pompe à chaleur air/eau ou une chaudière à condensation gaz améliore sensiblement l'étiquette DPE, en particulier pour les logements chauffés à l'électricité en direct ou au fioul.
  • Rénovation globale (tous postes combinés) : le coût moyen s'établit à 40 000 €, avec une fourchette de 20 000 à 60 000 € selon la superficie et l'état du bien. Le prix moyen au m² oscille entre 400 et 700 €.
ℹ️ Bon à savoir

Les rénovations énergétiques réalisées en France génèrent désormais des gains estimés à 11 TWh/an, en hausse de 44 % par rapport à 2020 selon le SDES. Seuls les travaux réalisés par des artisans certifiés RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) ouvrent droit aux principales aides financières de l'État.

Aides financières disponibles pour rénover un logement classé F ou G

Plusieurs dispositifs permettent de financer la rénovation d'un logement F ou G : MaPrimeRénov' (subvention de l'État selon les revenus et les travaux), l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) versés par les fournisseurs d'énergie, et les aides locales des collectivités. Ces aides peuvent couvrir une part significative du reste à charge pour les propriétaires qui engagent des travaux face à l'interdiction de location DPE F ou G 2028.

Propriétaire et conseiller en rénovation énergétique étudiant les aides financières disponibles comme MaPrimeRénov' pour rénover un logement classé F ou G
Propriétaire et conseiller en rénovation énergétique étudiant les aides financières disponibles comme MaPrimeRénov' pour rénover un logement classé F ou G
⚠️ Attention

Une suspension temporaire de MaPrimeRénov' a été signalée début 2026, dans l'attente de l'adoption du budget gouvernemental. Vérifiez l'état du dispositif avant de planifier vos travaux, et consultez un conseiller France Rénov' pour sécuriser votre plan de financement.

Dispositif Nature Montant / Plafond Conditions principales
MaPrimeRénov' Subvention de l'État Variable selon revenus et travaux Propriétaire occupant ou bailleur, artisan RGE
Éco-PTZ Prêt à taux zéro Jusqu'à 50 000 € Rénovation globale performante, logement achevé avant 1990
CEE (Certificats d'Économies d'Énergie) Prime versée par les fournisseurs d'énergie Variable selon les travaux Travaux éligibles, artisan RGE
Aides locales (régions, départements, EPCI) Subvention complémentaire Variable selon la collectivité Selon les dispositifs locaux en vigueur
France Rénov' (accompagnement) Conseil et orientation Gratuit Accessible à tous les propriétaires

L'éco-PTZ permet d'emprunter jusqu'à 50 000 € sans intérêts pour financer une rénovation globale performante, ce qui en fait un levier majeur pour les propriétaires dont la trésorerie ne permet pas d'avancer l'intégralité des travaux. Combiner l'éco-PTZ avec MaPrimeRénov' et les CEE permet souvent de ramener le reste à charge à un niveau supportable, même pour une rénovation ambitieuse visant la classe C ou D.

Alternatives à la rénovation : vendre ou changer l'usage d'un logement DPE F ou G

Si les travaux de rénovation s'avèrent trop coûteux ou complexes, deux alternatives existent : vendre le bien (en respectant l'obligation d'audit énergétique depuis le 1er avril 2023 pour les logements F ou G hors copropriété) ou changer son usage (résidence principale du propriétaire, local professionnel). La vente reste soumise à une décote liée au DPE défavorable, et l'urgence créée par l'interdiction de location DPE F ou G 2028 affaiblit votre position de négociation.

La location meublée de tourisme est désormais fermée aux logements F et G depuis novembre 2024, ce qui supprime une alternative qui permettait à certains propriétaires de contourner les contraintes du bail classique. Anticiper la vente avant 2028 vous place dans une situation plus favorable : vous vendez un bien encore exploitable, ce qui limite la décote liée au classement énergétique défavorable.

Pour les biens en copropriété, le DPE collectif devient obligatoire selon un calendrier progressif : les copropriétés de plus de 200 lots devaient s'y conformer dès 2024, celles de 51 à 200 lots en 2026, et celles de 50 lots ou moins en 2026. Ce DPE collectif peut influencer la stratégie de rénovation individuelle et les décisions d'assemblée générale. Changer l'usage du bien en résidence principale ou en local professionnel échappe aux contraintes locatives, mais implique une réorganisation patrimoniale à anticiper avec votre notaire ou conseiller fiscal.

Plan d'action concret pour les propriétaires bailleurs d'un logement F ou G avant 2028

Pour agir efficacement avant l'interdiction de location 2028, les propriétaires d'un logement F ou G doivent suivre six étapes : vérifier la validité et la classe de leur DPE, réaliser un audit énergétique, identifier les travaux prioritaires, mobiliser les aides disponibles, planifier les travaux en laissant une marge suffisante avant l'échéance, et faire réaliser un nouveau DPE après travaux.

Le temps disponible est plus court qu'il n'y paraît. Entre la prise de contact avec un auditeur, l'obtention des devis auprès d'artisans RGE, la réalisation des travaux et l'établissement d'un nouveau DPE, plusieurs mois s'écoulent facilement. Lancer le processus en 2026 vous laisse une marge confortable ; attendre 2027 vous expose à des délais d'artisans saturés et à un risque réel de ne pas être en conformité avant le 1er janvier 2028.

  1. Vérifier la validité du DPE en cours : un DPE est valable 10 ans. Confirmez sa classe exacte (F ou G) et sa date d'établissement avant toute démarche.
  2. Réaliser un audit énergétique : cet audit identifie les travaux les plus efficaces, leur ordre de priorité et les gains énergétiques attendus. Il est obligatoire avant la vente d'un logement F ou G hors copropriété depuis le 1er avril 2023.
  3. Contacter un conseiller France Rénov' : ce service gratuit vous aide à construire un plan de financement optimisé en combinant MaPrimeRénov', éco-PTZ jusqu'à 50 000 €, CEE et aides locales.
  4. Obtenir plusieurs devis auprès d'artisans RGE : la certification RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) est une condition d'éligibilité aux principales aides d'État. Comparez au moins trois devis pour chaque poste de travaux.
  5. Planifier les travaux avant mi-2027 : cette marge vous permet d'absorber les aléas de chantier, les délais administratifs et d'obtenir votre nouveau DPE avant l'échéance réglementaire.
  6. Faire réaliser un nouveau DPE après travaux : ce document officiel confirme le passage en classe E ou supérieure et lève l'interdiction de location ainsi que le gel des loyers.

Conclusion : agissez maintenant, pas en 2027

Le DPE F ou G interdiction location 2028 n'est plus une menace lointaine : avec moins de deux ans devant vous, la fenêtre d'action se referme rapidement. Commencez par vérifier la validité de votre DPE cette semaine, puis prenez rendez-vous avec un conseiller France Rénov' pour établir votre plan de financement. Les 3,9 millions de passoires thermiques françaises ne seront pas toutes rénovées en même temps : les artisans RGE et les organismes instructeurs de MaPrimeRénov' seront sous pression à mesure que l'échéance approche. Chaque mois d'anticipation vous donne un avantage concret sur les délais, les coûts et la sérénité de votre patrimoine locatif.

Questions frequemment posees

Quels logements sont interdits à la location en 2025 et 2028 ?

Les logements classés G (consommation supérieure à 420 kWh/m²/an en énergie primaire) sont interdits à toute nouvelle location, renouvellement ou reconduction tacite depuis le 1er janvier 2025. Les logements classés F (entre 330 et 420 kWh/m²/an) seront à leur tour interdits à la location à partir du 1er janvier 2028, puis les logements E en 2034.

Quelles sont les sanctions pour un propriétaire qui loue un logement F ou G après l'interdiction ?

Un propriétaire qui maintient en location un logement interdit s'expose à des recours juridiques du locataire : demande de travaux forcés, réduction de loyer, voire résiliation du bail aux torts du bailleur. Le gel des loyers des logements F et G est déjà en vigueur depuis le 24 août 2022, ce qui signifie qu'aucune revalorisation n'est possible tant que le bien reste en passoire thermique.

Quelles aides financières existent pour rénover un logement classé F ou G ?

Les propriétaires bailleurs peuvent mobiliser MaPrimeRénov' (accessible sous conditions de ressources et de type de travaux), l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour financer jusqu'à 50 000 EUR de travaux sans intérêts, et les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) versés par les fournisseurs d'énergie. Ces dispositifs sont cumulables et permettent de couvrir une part significative du coût des travaux de rénovation énergétique.

Quels travaux permettent de sortir un logement de la classe F ou G ?

Les travaux les plus efficaces pour améliorer un DPE F ou G sont l'isolation des combles et des murs (qui représente jusqu'à 30 % des déperditions thermiques), le remplacement du système de chauffage (chaudière à gaz ancienne remplacée par une pompe à chaleur ou une chaudière à condensation), et le changement des menuiseries (fenêtres double vitrage). Une rénovation globale combinant plusieurs postes est généralement nécessaire pour passer en classe D ou E.

Est-ce qu'il vaut mieux rénover ou vendre un logement classé F ou G ?

La décision dépend du coût des travaux nécessaires, de la valeur du bien et de la situation du propriétaire. La rénovation permet de conserver le bien en location, de débloquer la revalorisation des loyers et de valoriser le patrimoine. En revanche, si le coût des travaux dépasse la rentabilité locative attendue, la vente peut être préférable, sachant que les passoires thermiques subissent déjà une décote moyenne de 5 à 15 % sur le marché immobilier.

Combien de logements sont concernés par l'interdiction de location en France ?

Environ 3,9 millions de logements classés F ou G sont recensés en France, soit 12,7 % des 30,9 millions de résidences principales. Ces passoires thermiques sont responsables d'une part importante des 45 % de la consommation d'énergie finale attribuée au secteur du bâtiment, et contribuent à 27 % des émissions nationales de CO₂.

· Auteur

Marie-Hélène Bauer

Fondatrice — Biologiste, ex-enseignante SVT

Biologiste de formation et ancienne professeure de SVT en lycée pendant dix-sept ans, Marie-Hélène fonde SVT au Clair pour prolonger son métier auprès d'un public adulte. Elle couvre la biologie, le vivant, la santé et la pédagogie scientifique.