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· Sciences décryptées

Empreintes génétiques et police scientifique

Depuis 1986, l'analyse ADN est l'outil reine de la police scientifique. Voici comment les empreintes génétiques sont obtenues, analysées et utilisées comme preuve.

Par Claire Soubirous·31 mars 2026·7 min de lecture
Empreintes génétiques et police scientifique

Sang, salive, sperme, cheveux avec racine, peau : sur une scène de crime, presque toute trace biologique contient de l'ADN. La police scientifique l'extrait, l'amplifie par PCR, et en tire une empreinte génétique unique. Voici les étapes.

De la trace à l'analyse

  1. Prélèvement : écouvillon stérile, soigneusement étiqueté. Manipulation sous combinaison pour éviter la contamination par les techniciens.
  2. Extraction d'ADN : lyse cellulaire (détergent + protéinase K), purification (silice, alcool).
  3. Quantification : pour s'assurer qu'on a assez d'ADN (idéalement > 1 ng).
  4. PCR multiplex : amplification simultanée de 13-20 régions STR avec amorces fluorescentes.
  5. Électrophorèse capillaire : sépare les fragments par taille, lecture des pics fluorescents.
  6. Comparaison : profil obtenu confronté à la base de données (FNAEG en France) ou à un suspect.

La FNAEG

Le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques contient les profils ADN de personnes condamnées pour crimes et délits graves. Plus de 3 millions de profils en 2026. Sa constitution est strictement encadrée : prélèvement obligatoire après condamnation, conservation limitée selon la nature de l'infraction.

Fiabilité et limites

  • Sur 13 marqueurs : probabilité d'erreur < 1 sur 100 milliards.
  • Mais : risque de contamination (manipulation), risque d'identification d'un parent (frères, sœurs), risque de transfert secondaire (ADN d'une personne déposé via objet ou autre personne).
  • Le génotypage est une preuve probabiliste, non une preuve absolue de présence.

Cas célèbres

L'affaire Colin Pitchfork (1988, premier coupable identifié par ADN), les disculpations d'innocents condamnés à tort (Innocence Project, 350+ aux USA), l'identification des victimes du World Trade Center, ou des disparus de Bosnie sont autant de jalons de l'histoire des empreintes ADN.

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Questions fréquentes

L'ADN d'une scène vieille de 20 ans est-il analysable ?
Oui, si l'échantillon a été conservé à sec et au froid. Plusieurs vieilles affaires (Affaire Caroline Dickinson, Affaire Élodie Kulik) ont été résolues 10-20 ans plus tard grâce à des avancées techniques d'amplification.
Y a-t-il un risque de faux positifs ?
Très faible avec 13+ marqueurs, sauf en cas de contamination. Les laboratoires accrédités appliquent des protocoles stricts (chaîne de conservation, négatifs, contrôles). Le risque principal est une mauvaise interprétation, pas un mauvais profil.
· Auteur

Claire Soubirous

Journaliste — Sciences & environnement

Journaliste scientifique formée à l'ESJ Lille puis spécialisée en sciences du vivant et environnement (10 ans en presse écrite). Claire signe nos enquêtes climat, biodiversité, et grands dossiers vulgarisés.