Étamines de Rosmarinus et Perovskia : évolution chez les Lamiacées
Le romarin et la sauge russe (Perovskia) appartiennent à la même famille que la sauge, mais leurs étamines présentent des architectures variées qui illustrent une histoire évolutive remarquable.
Romarin (Rosmarinus officinalis) et sauge russe (Perovskia atriplicifolia) appartiennent à la famille des Lamiacées, comme la sauge. Mais leurs étamines présentent des architectures variées — parfois proches du levier de Salvia, parfois nettement différentes.
Romarin : 2 étamines en arc
Comme Salvia, le romarin ne possède que 2 étamines fertiles. Mais elles ne forment pas un levier en T : elles sont allongées en arc, dressées au-dessus de la corolle. L'anthère ne pivote pas — elle se contente de déposer le pollen sur la tête de l'abeille ou du bourdon qui visite la fleur.
C'est un mécanisme plus simple que celui de Salvia : moins précis pour le pollen, mais aussi moins exigeant pour le pollinisateur.
Perovskia : étamines proches de Salvia
Perovskia atriplicifolia, plus tardif évolutivement, présente des étamines en T proches de celles de la sauge — preuve d'une convergence évolutive ou d'un héritage commun ancestral.
Conclusion
Cette comparaison illustre une notion essentielle de SVT : la diversification d'un caractère morphologique dans une lignée. Tous les genres de Lamiacées partagent un ancêtre commun avec des fleurs bilabiées, mais chacun a optimisé son architecture en fonction de ses pollinisateurs principaux.
Voir aussi le diagramme floral de la sauge.
Questions fréquentes
Pourquoi 2 étamines seulement chez Salvia et Rosmarinus ?
La famille des Lamiacées est-elle très diverse ?
Claire Soubirous
Journaliste scientifique formée à l'ESJ Lille puis spécialisée en sciences du vivant et environnement (10 ans en presse écrite). Claire signe nos enquêtes climat, biodiversité, et grands dossiers vulgarisés.