Mouvement amiboïde : pseudopodes et déplacement
L'amibe se déplace en émettant des pseudopodes — des projections cytoplasmiques tirées par le cytosquelette d'actine. Voici le mécanisme cellulaire détaillé.
L'amibe ne nage pas, ne marche pas, ne vole pas. Elle rampe — en émettant à l'avant des protrusions cytoplasmiques appelées pseudopodes, qui la tirent dans la direction du mouvement. Ce déplacement remarquable est observable en direct sous microscope.
Le mécanisme cellulaire
Le mouvement amiboïde repose sur le cytosquelette d'actine et son contrôle dynamique. À l'avant de la cellule (pôle antérieur), des filaments d'actine se polymérisent, poussant la membrane vers l'avant et formant le pseudopode. À l'arrière (pôle postérieur), les filaments se dépolymérisent, libérant la membrane qui rentre.
Au milieu, des moteurs de myosine "tractent" l'ensemble. C'est un cycle continu : polymérisation à l'avant, dépolymérisation à l'arrière, traction au milieu.
L'effet "gel-sol"
Le cytoplasme de l'amibe alterne entre deux états :
- État gélifié (gel) : à la périphérie, ferme, rigide. C'est l'ectoplasme.
- État liquide (sol) : au centre, fluide. C'est l'endoplasme.
L'endoplasme coule vers l'avant comme un fluide visqueux, se gélifie en arrivant à l'avant pour former le pseudopode, puis se reliquéfie à l'arrière.
Vitesse et orientation
Une amibe peut se déplacer à 5-15 µm/min (environ 1 mm/heure). Elle s'oriente par chimiotactisme, à la recherche de nourriture (bactéries, débris organiques). Voir notre dossier sur la phagocytose.
Le mouvement amiboïde n'est pas réservé aux amibes
Les leucocytes (globules blancs) utilisent le même mécanisme pour migrer vers les sites d'infection. Les cellules cancéreuses métastatiques aussi, pour envahir d'autres tissus. C'est l'un des mécanismes de mobilité cellulaire les plus fondamentaux du règne animal.
Questions fréquentes
L'amibe a-t-elle un sens du déplacement préférentiel ?
Comment observer le mouvement en TP ?
Marie-Hélène Bauer
Biologiste de formation et ancienne professeure de SVT en lycée pendant dix-sept ans, Marie-Hélène fonde SVT au Clair pour prolonger son métier auprès d'un public adulte. Elle couvre la biologie, le vivant, la santé et la pédagogie scientifique.